Civitas solis, Idea Reipublicae philosophicae [in :] Realis philosophiae epilogisticae partes quatuor.
Frankfurt, Gottfried Tambach, 1623. Première édition de la "La cité du soleil, ou idée d'une république philosophique", le grand classique de la littérature utopique. C'est dans la prison de Naples que Tomasso Campanella (1568-1639) a imaginé cette république idéale. (Ce penseur hétérodoxe passera 27 ans de sa vie en prison !) Une première version, en italien, a été achevée en 1602 et ne sera publiée qu'en 1904. Il écrivit une deuxième version en latin en 1613, qui est celle-ci, éditée en 1623 par son disciple allemand Tobias Adami. Elle occupe une partie (pp. 415 à 464), avec sa propre page de titre, des 'Realis philosophiae epilogisticae', une collection de textes variés de Campanella sur la physiologie et la philosophie d'Aristote. Cette Cité du Soleil est inspirée de La République et le Timée de Platon. Sous la forme d'un dialogue entre un un chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et un marin génois, compagnon de Christophe Colomb, l'auteur décrit sa cité idéale. Elle est gouvernée par un prêtre philosophe, "Soleil", assisté de trois princes "Pouvoir", "Sagesse" et "Amour". C'est une société collectiviste et égalitaire. Entre ses habitants tout est mis en commun : maison, réfectoire, dortoir, meubles... Le travail occupe quatre heures de la journée et il n'y a pas de prison. "A chaque nouvelle, ainsi qu'à chaque pleine lune, on rassemble, après un sacrifice, le conseil. Tous les individus au-dessus de vingt ans y sont admis à donner leur avis sur l'état de la République, à faire valoir leurs plaintes contre les magistrats ou à leur accorder des éloges." Cette vision influencera durablement les constructions utopiques postérieures. On observera que Campanella était sensible aux idées nouvelles et qu'il défendit Galilée contre les autorités ecclésiastiques. Dans la préface du présent ouvrage, Tobias Adami proclame que le système de Galilée est compatible avec les Saintes Ecritures. Rappelons que "Il Saggiatore" de Galilée a été publié cette même année 1623. Notre exemplaire, comme quelques rares autres (John Hay Library et St John's college d'Oxford), est sans la bordure gravée sur le titre et sans feuillet d'errata, signes très probables d'une premier tirage. Provenances : - Collège des Jésuites de Lyon. Inscriptions manuscrites sur le titre et le feuillet suivant qui précise qu'il a été inscrit au catalogue en 1676. Les armes de la ville de Lyon sont dorées sur les plats. - Une famille de la région lyonnaise, le livre s'y trouvait depuis au moins un siècle. Une piqure de ver dans la marge inférieure en début d'ouvrage, le papier est bruni comme toujours pour les livres de cette période, dorure du dos estompée. Bon exemplaire dans une reliure contemporaine. In-4 (21,7 x 16,8 cm] de (40), 508 pp. Veau, dos à nerfs orné, armes dorées sur les plats, tranches mouchetées. (Reliure de l'époque.) <><><><><><><><><><> First edition of 'The City of the Sun, or the Idea of a Philosophical Republic', the great classic of utopian literature. It was in a Naples prison that Tommaso Campanella (1568–1639) conceived this ideal republic. (This heterodox thinker would spend 27 years of his life in prison!) A first version, in Italian, was completed in 1602 and would not be published until 1904. He wrote a second version in Latin in 1613, which is this one, published in 1623 by his German disciple Tobias Adami. It occupies a section (pp. 415–464), with its own title page, of the 'Realis philosophiae epilogisticae', a collection of various texts by Campanella on physiology and Aristotelian philosophy. This 'City of the Sun' is inspired by Plato’s 'Republic' and 'Timaeus'. In the form of a dialogue between a knight of the Order of Saint John of Jerusalem and a Genoese sailor, a companion of Christopher Columbus, the author describes his ideal city. It is governed by a philosopher-priest, “Sun,” assisted by three princes: “Power,” “Wisdom,” and “Love.” It is a collectivist and egalitarian society. Among its inhabitants, everything is held in common: houses, dining halls, dormitories, furniture... Work occupies four hours of the day, and there are no prisons. “At the start of each new month, as well as at each full moon, the council is convened after a sacrifice. All individuals over the age of twenty are permitted to give their opinion on the state of the Republic and to voice their complaints against magistrates or to bestow praise upon them.” This perspective would have a lasting influence on subsequent utopian works. It is worth noting that Campanella was open to new ideas and defended Galileo against the ecclesiastical authorities. In the preface to this work, Tobias Adami proclaims that Galileo’s system is compatible with the Holy Scriptures. It should be recalled that Galileo’s 'Il Saggiatore' was published that same year, 1623. Our copy, like a few others (the John Hay Library and St. John's College, Oxford), has no engraved border on the title page and no errata sheet, which are very likely signs of a first printing. Provenance: - Jesuit College of Lyon. Handwritten inscriptions on the title page and the following page indicating that it was cataloged in 1676. The coat of arms of the city of Lyon is gilded on the covers. - A family from the Lyon region; the book had been in their possession for at least a century. A wormhole in the lower margin at the beginning of the volume; the paper is browned, as is typical for books of this period; the gilding on the spine is faded. A fine copy in a contemporary binding. -. In-4 (21,7 x 16,8 cm] de (40), 508 pp. Veau, dos à nerfs orné, armes dorées sur les plats, tranches mouchetées. (Reliure de l'époque.). Item #18894
Prix: 35,000.00 €
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